Ottawa : Il y a un an aujourd’hui, au cours d’une campagne électorale controversée, Stephen Harper s’engageait par écrit à améliorer la situation des droits des femmes au Canada. Un an plus tard, le travail des groupes de défense des droits humains des femmes est gravement menacé et remis en question.
Pour marquer le premier anniversaire de la promesse non tenue de Stephen Harper, des femmes de Vancouver organisent un piquet d’information devant le bureau de Condition féminine Canada qui devrait être fermé à compter du 1er avril prochain. Le bureau a joué un rôle clé dans le financement de projets communautaires et de la recherche. Les femmes de Terre-Neuve-et-Labrador ont accordé un F au gouvernement de Harper pour qualifier ses efforts en matière de droits des femmes.
« Depuis leur arrivée au pouvoir, en plus d’ignorer complètement cet engagement public, Harper et son gouvernement l’ont ouvertement contredit », déclare Michèle Asselin de la Fédération des femmes du Québec.
Harper n’a pas non plus daigné répondre aux milliers de femmes qui ont manifesté en décembre dernier partout au pays contre certaines de ses déplorables décisions politiques.
En plus d’annoncer une réduction de près de la moitié du personnel gouvernemental affecté à la mise en œuvre de l’égalité entre les sexes et l’avancement des droits des femmes, ce gouvernement a interdit l’utilisation de fonds fédéraux pour mener toute activité de revendication des femmes à l’égalité.
Par conséquent, l’avenir est très incertain pour des groupes de femmes comme le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail au Québec, la Ontario Association of Interval and Transition Houses, la Coalition de maisons de transition du Nouveau-Brunswick, ainsi que pour plusieurs groupes nationaux comme l’Alliance canadienne féministe pour l’action internationale, l’Association nationale femmes et droit et l’Institut canadien de recherches sur les femmes. Nombre de ces groupes envisagent la possibilité de réduire considérablement leurs opérations ou même de fermer définitivement leurs portes.
« Si ces groupes devaient fermer leurs portes, cela aurait des conséquences incalculables sur beaucoup de collectivités de l’ensemble du pays », commente Maude Barlow du Conseil des Canadiens, la présidente de la plus importante coalition citoyenne au Canada. « Ces groupes détiennent une expertise particulière tissée par des années, voire des décennies, de collaboration avec les communautés. »
De plus, le fait que ces organismes sans but lucratif soient désormais en concurrence avec des entreprises à but lucratif pour l’obtention de financement compromet d’autant leur avenir. « Maintenant que la ministre responsable a changé les règles pour permettre aux entreprises d’accéder au financement de Condition féminine Canada, nous sommes persuadées que ces dernières présenteront des demandes substantielles de ressources, si ce n’est déjà fait », déclare Shelagh Day.
L’automne dernier, le gouvernement Harper annonçait des coupures de 5 millions (43 p. 100) au budget de fonctionnement de Condition féminine Canada (CFC), la fermeture de 12 des 16 bureaux régionaux de CFC, l’élimination du Programme de contestation judiciaire, l’abandon du financement de tout travail lié à défense de droits par les groupes de femmes et le retrait du mot « égalité » du mandat de son Programme de promotion de la femme.
«L’année 2007 pourrait très bien être une année de dangereuses régressions en matière d’égalité des femmes si les décisions de Harper ne sont pas renversées», souligne Doris Anderson, ancienne présidente du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme et défenseure de longue date de l’égalité des femmes.
Vous pouvez lire le texte complet de l’engagement pris par le premier ministre Stephen Harper envers les femmes du Canada le 18 janvier 2006 au http://fafia-afai.org/fr/node/93 [1].
Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec Nancy Peckford au 613-292-7941.