Des groupes de femmes demandent au gouvernement de déposer un budget fédéral favorable aux femmes

À la fin d'une conférence historique de deux jours, des groupes de femmes et de défense des droits humains appellent le gouvernement à mettre en place des programmes sociaux plus dynamiques et demandent une augmentation des dépenses relatives à ces programmes. Les représentantes des ces organisations canadiennes, québécoises, autochtones et internationales, jugent qu’il s’agit de mesures essentielles afin de combattre la discrimination et réaliser l'égalité des femmes.Le 12 mars 2007

Ottawa: À la fin d'une conférence historique de deux jours, des groupes de femmes et de défense des droits humains appellent le gouvernement à mettre en place des programmes sociaux plus dynamiques et demandent une augmentation des dépenses relatives à ces programmes. Les représentantes des ces organisations canadiennes, québécoises, autochtones et internationales, jugent qu’il s’agit de mesures essentielles afin de combattre la discrimination et réaliser l'égalité des femmes.

La conférence organisée par Oxfam Canada et l'Alliance canadienne féministe pour l'action internationale (AFAI) a réuni des participantes du Canada, de l'Afrique du Sud, du Guatemala et de Cuba pour discuter du leadership de leurs gouvernements respectifs quant aux droits humains des femmes. Les préoccupations soulevées par toutes les participantes reflètent le besoin urgent de voir les gouvernements jouer un rôle beaucoup plus important pour concourir à la réalisation de l'égalité des femmes.

Des groupes de femmes du Canada ont souligné que le prochain budget fédéral permettra d'évaluer dans quelle mesure le gouvernement actuel est prêt à respecter les droits des femmes à l'égalité ici, dans notre pays, particulièrement si on tient compte des coupures et des changements effectués récemment.

«Les femmes ont beaucoup à gagner ou à perdre dans le prochain budget fédéral», note Shelagh Day, coprésidente de l'AFAI.

Les groupes ont élaboré un plan en trois points pour le gouvernement Harper:

  • La reconnaissance des demandes de longue date du Québec d'une augmentation des ressources et d'un meilleur contrôle des dépenses relatives aux programmes sociaux et la conception de programmes destinés au Québec, tel que largement escompté dans le prochain budget fédéral;
  • La redynamisation d'un rôle important du fédéral dans les politiques sociales en assortissant les transferts fédéraux de désignations et de normes pour les programmes sociaux dans les provinces et territoires hors Québec;
  • Des allocations budgétaires qui répondent aux besoins des femmes autochtones, qu'elles vivent sur des réserves ou sur des territoires faisant l'objet de revendications territoriales ou non.

«Les femmes sont en faveur d'une augmentation des transferts aux provinces, ajoute Shelagh Day. Mais en l'absence de désignations claires et de normes communes sur la manière dont les gouvernements doivent dépenser cet argent, les programmes sociaux sur lesquels comptent les femmes, comme l'aide juridique et l'aide sociale, vont peut-être continuer à être négligés et à s'éroder».

Toute nouvelle réduction d'impôt sur les gains en capital, la réduction additionnelle prévue d'un point de la taxe sur les produits et services TPS et la possibilité d'un fractionnement du revenu suscitent de vives inquiétudes parmi les représentantes des femmes.

«Nous nous opposons à ces mesures parce qu'elles réduisent les recettes générales et compromettent la capacité continue du gouvernement fédéral à allouer des ressources dans des secteurs négligés de longue date par les gouvernements anciens et actuel», souligne Leilani Farha, du groupe de travail national Women and Housing. Les organisations présentes à la conférence ont convenu qu'en plus de ne pas être les principales bénéficiaires des réductions d'impôt, l'écrasante majorité des femmes du Canada ont impérieusement besoin d'un accroissement des dépenses relatives aux programmes sociaux.

«Les réductions d'impôt n'aident pas les femmes à obtenir les services et les programmes dont elles ont besoin. Selon le rapport Les femmes au Canada publié en 2006 par Statistique Canada, le revenu moyen avant impôt des femmes au pays était de 24 400 $. Les modestes épargnes que les réductions d'impôt permettent aux femmes de réaliser ne peuvent pas acheter une place subventionnée en garderie ou un logement abordable et sécuritaire», ajoute Leilani Farha.

Les organisations ont convenu que pour faire une véritable différence dans la vie des femmes, le gouvernement Harper doit améliorer les prestations d'assurance-emploi et les programmes de prestations de maternité et parentales, se consacrer à la création d'un système de services de garde abordable et accessible et introduire des mesures améliorées pour aider les femmes à réintégrer un emploi ou à accroître leur participation au marché du travail.

Les organisations de femmes diffuseront une liste plus détaillée des postes budgétaires au cours des prochains jours.

«Nous voulons que tous les partis sachent que ces postes budgétaires comptent beaucoup pour les femmes» renchérit Bonnie Diamond de l'AFAI.

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Pour plus d'information:

Nancy Peckford, FAFIA: 613-292-7941

Alexandra Lapoukhine, Oxfam Canada: 613-850-9723