Le gouvernement fédéral restreint encore davantage les groupes de femmes
Le 30 novembre 2006
Ottawa : Hier, la Ministre Beverley Oda a annoncé la fermeture de douze bureaux de Condition féminine Canada. Ce faisant, Madame Oda porte atteinte à la capacité des groupes de femmes d’effectuer leur travail et réduit sévèrement l’accès des Canadiennes, en milieu rural notamment, au ministère de Condition féminine Canada. La ministre choisit plutôt de renforcer les affaires dans le bureau d’Ottawa.
« Les femmes sont abasourdies par cette décision. Avec l’élimination de plus de la moitié des employées, l’accès local qu’auront les femmes aux ressources vitales ne fera qu’empirer », a déclaré Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec, où l'un des deux bureaux de Condition féminine Canada fermera.
La ministre Oda a dit que ces bureaux seront fermés parce qu’ils offraient trop de soutien aux groupes qui font pression pour la promotion des droits des femmes, plutôt que sur la fourniture directe de services aux femmes (les services directs ne font pas présentement partie des catégories de soutien de Condition féminine Canada).
« Le bureau de Condition féminine Canada existe ici depuis vingt ans et a été le cœur de la communauté pour les femmes de Terre-Neuve-et-Labrador », selon Joyce Hancock, ancienne présidente du Conseil consultatif sur la condition de la femme. « Le bureau a aussi aidé les femmes de cette province à obtenir des ressources pour des programmes qui soutiennent des femmes sur le terrain.»
À Thunder Bay, lieu d’une autre fermeture, la réaction est semblable. « Pendant plus de 30 ans, le bureau de Condition féminine Canada du Nord de l’Ontario était l’unique point d’accès au seul ministère fédéral traitant de l’égalité des femmes », a renchéri Gwen O’Reilly du Northwestern Ontario Women’s Centre et membre de la Northwestern Ontario Women’s Action Group.
« Le bureau a fourni un soutien critique aux communautés francophones, autochtones, rurales et à d’autres groupes de femmes qui travaillent sur les questions de pauvreté, de violence, d’accès à la justice et de développement économique. Le bureau a également joué un rôle crucial dans le soutien des groupes de femmes autochtones afin d’accroître leur leadership au niveau de la communauté et de la région. »
Dès le 1er avril 2007, Terre-Neuve-et-Labrador, l’Île-du-Prince- Édouard, la Nouvelle-Écosse, le Manitoba, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique n’auront plus de bureaux de Condition féminine Canada, et l’Ontario perdra ses quatre bureaux à l’extérieur d’Ottawa.
Il n’y a aucun plan pour augmenter le nombre d’employés dans les bureaux qui resteront ouverts. Ces décisions viennent contredire une déclaration électorale du Premier ministre Stephen Harper où il s’engageait à respecter et promouvoir les droits humains des femmes. Aussi, ces coupures vont à l’encontre d’une promesse faite par le gouvernement fédéral de mieux répondre aux besoins des femmes en milieu rural.
En Colombie-Britannique, où plus de soixante-quinze groupes communautaires ont fourni un soutien important avec l’aide du bureau local de Condition féminine Canada, les femmes ont été stupéfiées par la nouvelle. « Un bureau local avec des employées compétentes et qualifiées qui comprennent les enjeux particuliers de la province ne pourra jamais être remplacé par un numéro de téléphone en Alberta, » a dit Shelagh Day de l'AFAI.
« Évidemment ce gouvernement est très hostile aux femmes qui font pression, en tant que groupes, pour défendre et promouvoir le principe de l’égalité des femmes, » a ajouté Madame Day. « La fermeture de douze bureaux est une mesure extrême pour s'assurer que les organisations de femmes ne puissent plus participer ou faire entendre leurs voix dans le développement des politiques publiques. »
Pour plus de renseignement, veillez contacter l’AFAI (Ottawa) au 613-232-9505, x222 ou 613-292-7941 (cell) ou Charlotte Thibault (Montréal) au 514-849-6957.


