La révision mondiale étudie la situation de l'égalité des femmes

fafia – Lun, 2005 – 03 – 07 15:13

 

Les groupes canadiens demandent une plus grande responsabilité de la part des gouvernements

Lors
de la conférence mondiale actuellement en cours à l?ONU où participe
cent quatre-vingt-huit pays et des milliers de femmes, plus de 25
groupes de femmes canadiens font part de leurs opinions sur les progrès
du Canada relativement au programme international d?action pour
l?égalité des femmes signé il y a dix ans à Beijing.
L?Alliance
canadienne féministe pour l?action internationale (AFAI) est une
coalition de groupes de femmes et de droits de la personne qui
surveillent les activités du Canada à l?égard de ses engagements
internationaux envers les femmes. L?Alliance a préparé plusieurs
rapports pour l?Organisation des Nations Unies (ONU) sur la condition
des femmes canadiennes aux niveaux national et régional.
Ces conclusions ont été résumées dans plusieurs rapports internationaux réalisés et se trouvent ci-dessous: 
·Une Décennie
de Reculs: Le Canada de l?après-Beijing - Réponse au Questionnaire des
Nations Unies sur la mise en ?uvre du Programme d?action de Beijing
(1995) et des textes issus de la vingt-troisième session extraordinaire
de l?Assemblée générale (2000) 
http://www.fafia-afai.org/fproj/b10/b10_0105.php
·L’engagement du Canada envers l’égalité: Une analyse des sexospécificités des dix derniers budgets fédérauex (1995- 2004)
http://www.fafia-afai.org/fproj/gb/comeq.php
·Beijing
Betrayed - sur le respect des engagements pris à Beijing par les pays.
Le chapitre sur le Canada, rédigé par l’AFAI, se concentre sur les
réalités des femmes autochtonescanadiennes
http://www.wedo.org/files/gmr_pdfs/gmr2005_euna.pdf)

 

Certains des points clés de ces rapports sont:

Le niveau de pauvreté s’est accru pour plusieurs femmes canadiennes

Tandis
que les taux de pauvreté de certaines femmes canadiennes ont connu une
relative amélioration au cours des dix dernières années, pour de
nombreux groupes de femmes, ces taux n’ont pas connu d’amélioration ou
se sont détériorés, et ce, malgré la solide performance économique du
Canada au cours des huit dernières années.
·En 2002 (l?année la plus récente des statistiques), 51,6
% des femmes monoparentales, 41,5 % des femmes seules de plus de 65 ans
et 35 % des femmes seules de moins de 65 ans vivaient sous le seuil de
la pauvreté. Les taux de pauvreté pour les hommes seuls sont
significativement moins élevés.
·Les
revenus de l?aide sociale se situent bien au-dessous du seuil de la
pauvreté dans toutes les provinces et tous les territoires. Le Conseil
national du bien-être social a conclu, dans son rapport Revenus de
bien-être social, 2003 : « Des revenus si faibles qu?ils
atteignent seulement le cinquième ou le tiers du seuil de la pauvreté
sont inacceptables; ils devraient être augmentés le plus tôt possible.
De si maigres revenus ne peuvent être considérés autrement qu?une forme
de punition corporelle. »

Les dix derniers budgets fédéraux ont ignoré la plupart des réalités des femmes

En
1995, les gouvernements de par le monde se sont engagés à incorporer
les perspectives de genres dans la conception, l?élaboration,
l?adoption et la mise en ?uvre des processus budgétaires. L?Afrique du
Sud, la France et la Suède sont en train de créer des budgets qui
tiennent compte des réalités des genres. Le Canada ne l?a pas encore
fait
?Malgré
l?adoption en 1995 de l?analyse selon les genres dans 10 ministères du
gouvernement fédéral, elle n?a pas encore été mise en ?uvre dans les
budgets fédéraux canadiens.
?Une
analyse des budgets des 10 dernières années (1995-2004) rédigée par
Armine Yalnizyan, économiste lauréate, et publié par l?AFAI en février
2005, a révélé que les choix fiscaux fédéraux n?ont pas vraiment
amélioré la sécurité économique de la plupart des femmes. Ce rapport
indique aussi que les énormes réductions des dépenses avaient indûment
nuit aux femmes durant l?ère du déficit (1995-1997) et que les intérêts
des femmes ont largement été ignorés depuis qu?Ottawa a commencé à
avoir un surplus (depuis 1998).

Les droits des femmes autochtones sont ignorés dans les secteurs critiques au Canada

Les
femmes autochtones ne jouissent pas de la même protection, selon la loi
et dans le système juridique, que les femmes non autochtones.

 

?Les
femmes autochtones vivant à l?intérieur des réserves n’ont pas les
mêmes droits que les autres femmes relativement aux biens matrimoniaux.
Elles ne peuvent non plus se placer sous la protection de la loi sur
les droits de la personne et s’en servir pour se défendre et obtenir
satisfaction quand elles sont victimes de discrimination de la part des
conseils de bande ou des chefs de bande.
 
?Amnistie internationale a signalé, en 2004, que les disparitions et les morts
de 500 femmes autochtones ont passé largement inaperçues et n?ont pas
été élucidées au cours des 20 dernières années. La plupart de ces
femmes ont probablement été victimes de violence de genre racialisée,
comprenant le viol.

 

La représentation politique des femmes dans les assemblées élues demeure faible

Le
Canada se classe au 34e rang mondial dans le domaine de la
représentation politique, malgré l?engagement de prendre des mesures
proactives pour assurer des niveaux plus élevés de participation par
les femmes dans les assemblées élues.

 

·Sur
l?ensemble du pays, depuis l?arrivée au pouvoir du gouvernement libéral
en 1993, la participation des femmes stagne à 21 %et n?indique pas de
signe d?augmentation. Les représentations provinciales et territoriales
des femmes vont de seulement 11 % en Nouvelle-Écosse à 32 % au Québec.
·Par
contre, les données de l?Union interparlementaire indiquent que, grâce
à l?action gouvernementale, y compris l?introduction de quotas et de
mesures incitatives par les partis, le Rwanda a un pourcentage de 48 %
de femmes élues dans son Parlement national, la Suède est à 45,3 %, le
Costa Rica à 35 % et l?Argentine à 33,7 %.

 

L?accès à la justice des femmes canadiennes s?est détérioré

Malgré
la reconnaissance des gouvernements, en 1995, que l?aide juridique est
essentielle aux droits des femmes, le Canada ne garantit plus l?accès
des femmes à l?aide juridique.
?Alors
que le gouvernement fédéral accorde un financement spécifique visant la
prestation provinciale de services d’aide juridique en matière pénale
(ce dont profitent surtout les hommes), en 1995, il a explicitement
arrêté de financer l?aider juridique.
?Il est largement compris que les
besoins d’aide juridique se situent de façon disproportionnée dans les
domaines du droit civil et du droit de la famille à cause des faibles
taux d?activité criminelle des femmes.
?Les résultats d?un accès inadéquat à l?aide juridique ont été documentés. Par exemple, les femmes
vivant des relations de violence demeurent dans des conditions
dangereuses. Les immigrantes dont le parrainage est retiré par le
conjoint (souvent un conjoint violent) se voient refuser l’aide
juridique pour procéder à une demande visant à modifier les modalités
de leur statut d’immigrante et, en conséquence, sont déportées.